Vos tomates jaunissent du jour au lendemain et la tige s’effondre malgré un arrosage régulier ? Avant d’accuser le mildiou ou les limaces, regardez au ras du sol. Une toute petite portion de la tige, le collet, suffit souvent à condamner un plant entier.
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Pourquoi le collet fait toute la différence
Le collet est la zone de jonction entre la tige et les racines. C’est par là que circule la sève. Lorsqu’il reste visible, sec et aéré, le plant se développe normalement.
Si le collet est recouvert par de la terre ou un paillis trop près de la tige, l’air ne circule plus. L’humidité stagne. Les tissus s’asphyxient. La tige se ramollit, prend une couleur brunâtre et se rompt parfois en moins de quarante-huit heures.
Beaucoup de jardiniers pensent immédiatement à une maladie mystérieuse. En réalité, le mécanisme est simple : excès d’humidité et manque d’aération favorisent les moisissures, tout comme une tomate oubliée dans un sac plastique.
Pailler sans étouffer : les règles à respecter
Le paillage reste une excellente idée pour conserver l’humidité, limiter les mauvaises herbes et protéger les racines du froid. Mais il doit être posé intelligemment.
- Laissez toujours une zone dégagée autour du collet. Minimum recommandé : 1 centimètre. Beaucoup de jardiniers optent pour 2 à 3 centimètres de terre nue pour plus de sécurité.
- Attendez que le sol soit chaud et que les plants mesurent 15 à 20 cm avant d’appliquer un paillis épais.
- Épaisseur du paillis : 8–10 cm pour la paille ou le foin. 3–5 cm pour les tontes bien sèches ou le broyat.
- Arrosez au pied ou par goutte à goutte en visant la périphérie du paillis, jamais directement le collet.
Contrôles simples et gestes rapides
Un moindre déplacement du paillis après une pluie suffit à recréer une cuvette d’humidité. Inspectez vos plants régulièrement.
- Fréquence : au moins une fois par semaine, et après chaque grosse pluie.
- Que vérifier : le collet doit être visible, ferme et sans taches brunes.
- Si vous repérez un début de pourriture : retirez immédiatement le paillis autour de la base. Espacez les arrosages pour laisser sécher le sol.
- Si la tige est molle sur quelques centimètres, dégagez la base et, si possible, replanter le plant un peu plus haut dans un nouveau trou propre.
Que faire si la pourriture est installée ?
La situation n’est pas toujours irrémédiable. Des actions rapides peuvent sauver le plant si la pourriture est limitée.
- Ouvrez la zone entourant le collet. Laissez sécher plusieurs jours sans arroser ce pied.
- Supprimez les tissus visiblement pourris avec un couteau propre. Évitez de propager les spores sur d’autres plants.
- Si la détérioration est importante, retirez la plante pour éviter toute contamination du sol. Replacez-la par un plant sain en relevant légèrement la motte.
Erreurs fréquentes et astuces de pro
Voici les fautes que l’on commet le plus souvent, et comment les éviter.
- Erreur : plaquer le paillis contre la tige dès la plantation. Solution : créer immédiatement un petit cercle propre autour du collet.
- Erreur : pailler trop tôt sur un sol froid. Solution : attendre que le sol se réchauffe et que les plants atteignent 15–20 cm.
- Astuce : réalisez un léger rebord de terre ferme autour du plant avant de pailler. Le paillis glissera dessus au lieu d’atteindre la tige.
- Astuce : utilisez un arrosage localisé ou un tuyau goutte à goutte pour nourrir les racines sans humidifier le collet.
Ne sous-estimez pas ces quelques millimètres. Un petit espace d’air autour du collet peut faire la différence entre une récolte abondante et des pieds qui tombent un à un. Allez voir vos tomates dès cette semaine et laissez respirer leur base.


